Ma petite boule noire
Cet article est le prologue de mon livre 1000 jours en quête de sens. Des images de ce texte sont aussi sur YouTube.
De l’extérieur, j’avais « réussi ». À 25 ans, je cumulais un salaire respectable, un emploi du temps chargé et une trentaine de paires de chaussures. Pourtant, intérieurement, je me sentais vide.
Je vivais dans une vaste colocation parisienne peuplée de gens occupés. Chaque matin, je me joignais au tumulte du métro, luttant contre la montre pour arriver à l’heure au morning meeting. Mes journées défilaient au rythme effréné des calls et des brainstormings. Le soir, je m’accordais un drink, parfois plus, sur une terrasse quelconque, avant de rentrer pour un dîner souvent réchauffé, puis de me coucher, épuisé. Le lendemain, ce cycle reprenait au signal du réveil, inexorable.
Ce mode de vie était le résultat d’un étrange enchaînement d’événements. Trois ans plus tôt, en 2016, j’avais obtenu un diplôme d’ingénieur en photonique. J’habitais alors à Saint- Étienne et un choix s’était présenté à moi : se ranger dans une vie toute tracée ou prendre un risque. Juste avant de m’engager sur une voie, je suis parti faire le tour de l’Islande en van avec Valentin, un ami d’école.
Nous avions peu d’argent, mais c’était notre rêve. Alors, nous avons trouvé le vol le moins cher, négocié en amont la moitié du prix d’un van en échange d’une vidéo sur ma chaîne YouTube (que je n’avais même pas encore créée), et une fois sur place, mangé des nouilles instantanées à tous les repas dans le confort de notre coffre. Avec un budget serré de 500 euros par personne, nous avons bouclé le tour de l’île au terme d’une semaine roots, magique, inoubliable. Aujourd’hui encore, le spectacle de la descente du soleil, depuis la mystique falaise de Dyrhólaey, sur les rivages de sable noir, reste l’un de mes souvenirs les plus précieux.
De retour à Saint-Étienne, je brûlais de trop de fougue pour m’enfermer dans la monotonie. Séduit par l’illusion de la richesse, je me suis jeté à corps perdu dans l’entrepreneuriat. À cette époque, la mode était de lancer des start-up dans le Web. J’ai suivi la tendance, jusqu’à lever des fonds et recruter une équipe. Rien ne s’est passé comme je l’avais imaginé. Je n’ai ni révolutionné le monde, ni fait fortune. La réalité, c’est que nous avons travaillé dur sur un produit dont personne n’avait besoin. Il m’a fallu deux ans pour le comprendre, avant d’annoncer, fin 2018, la cessation de l’activité.
Reconnaître cet échec a été difficile. J’avais investi tant d’espoirs, de temps et d’efforts dans ce projet. Avec une certaine lâcheté, j’ai fui en Amérique du Sud, seul, pour échapper aux regards moralisateurs. Là-bas, je pouvais être qui je voulais.
Deux mois durant, j’ai erré, perdu dans mon existence, des hauteurs des Andes à la vallée sacrée des Incas, jusqu’aux pieds du Christ rédempteur de Rio. Face à cette statue qui m’ouvrait ses bras, j’étais trop orgueilleux pour prier. Fauché mais déterminé à rebondir, je suis rentré en France.
N’ayant pas encore totalement fait mon deuil, j’ai passé les semaines suivantes à essayer de relancer l’entreprise, en vain. Finalement, une nuit de mai 2019, j’ai ouvert un blog. Dans un premier article à la prose maladroite mais sincère, j’ai partagé à cœur ouvert toutes mes erreurs. Ce texte, pensé comme une catharsis, s’est transformé en phénomène viral. Reprise par de nombreux médias, ma déroute était subitement connue de centaines de milliers de personnes. En quelques jours, ce post mortem a ainsi enregistré plus de visites que notre site web sur plus de deux ans. Quelle ironie… Au moins, cette start-up dont la vie avait été insignifiante a eu droit à une foule pour son enterrement.
Dans le même temps, j’ai reçu une quarantaine de propositions d’emploi. Je dois avouer qu’il était agréable de se sentir enfin courtisé. J’ai alors mené un marathon d’entretiens, parfois jusqu’à six par jour ! Une entreprise parisienne a particulièrement retenu mon attention. L’équipe était issue d’écoles parmi les plus prestigieuses, ils parlaient d’intelligence artificielle, se lançaient sur le marché américain et me promettaient un rôle de premier plan. Charmé par ces perspectives, et dos au mur financièrement, j’ai accepté leur offre. J’étais de retour dans le « droit chemin ». Ma mère était fière. J’avais un « vrai » travail et un bon salaire. Je naviguais entre les réunions et les apéros. N’était-ce pas là le graal à atteindre ?
Je pensais que le rêve se cachait à Paris, mais je ne l’ai pas trouvé. Peut-être m’étais-je trompé de quartier… La nuit, j’étais à moitié éveillé ; le jour, à moitié endormi. J’oscillais, de la fatigue à l’ennui, en passant par l’ivresse. C’est dans cette brume existentielle qu’« elle » a fait irruption. Rapidement, nous sommes devenus inséparables. Son surnom : « ma petite boule noire ». Ce n’était ni une dépression ni un burn-out ; c’était « une petite boule noire ». Elle était l’incarnation de mes idées sombres, flottant là, juste au-dessus de mon épaule, sans jamais me quitter. Personne ne la voyait, mais moi, je ne voyais plus qu’elle. J’ai voulu m’en séparer, mais elle n’était pas d’accord. Elle avait décidé de me hanter. De plus en plus touché psychologiquement, je me suis tourné vers le développement personnel, sans grand succès. Toutes mes tentatives, de la pensée positive au journal de gratitude, n’allégeaient ce fardeau que pour de brefs instants. Soulager les symptômes d’un mal-être, ce n’est pas se soigner.
Ma vie a basculé au cours de l’été 2019. J’étais depuis quelques mois installé dans cette morne routine quand Andréa, une amie du lycée, m’a parlé du Kirghizistan, en Asie centrale. Elle rêvait d’y aller pour une dizaine de jours. Connaissant mon goût pour l’aventure, elle m’a suggéré de l’accompagner pour mes premiers congés payés. Ses magnifiques yeux bleus brillaient tant à cette idée qu’il était impossible de lui refuser quoi que ce soit. Me prenant au jeu, je lui ai proposé que l’on invite chacun une personne que l’autre ne connaissait pas. Elle a choisi Pierre-Olivier. Quant à moi, j’ai convié Hamza, un camarade ingénieur. Dans la foulée, nous avons pris nos billets, et avons tous les quatre embarqué pour Bichkek, jadis carrefour de la route de la Soie.
Capitale du Kirghizistan devenu indépendant en 1991, Bichkek est encore marquée de l’influence soviétique avec ses larges avenues rectilignes, ses imposants blocs de béton et ses monuments de guerre. Nous avons pris la route vers l’est en direction de Karakol, une petite ville lovée au pied d’imposantes montagnes. C’est sur ces hauteurs que se cache Ala-Koul, un lac d’altitude perché à plus de 3 500 mètres. Pour y accéder, une préparation adéquate s’impose. Avec toute notre naïveté, nous avons entrepris cette ascension avec une inquiétante désinvolture. Nous sommes arrivés de nuit à l’unique campement situé en contrebas de la montée la plus difficile. Il y avait là de quoi manger et se reposer.
Nous pensions que d’autres refuges se trouvaient sur le chemin, mais il n’en était rien. Sans matériel ni nourriture, poursuivre aurait été particulièrement téméraire. C’est là que des porteurs accompagnant d’autres randonneurs nous ont généreusement proposé de nous prêter une tente et de nous retrouver au lac pour un repas. Le lendemain, après une longue journée de marche, nous les avons rejoints pour le dîner avant de nous endormir, Andréa, Pierre-Olivier, Hamza et moi, au bord de l’eau, serrés sous une toile prévue pour deux personnes. Au petit matin, un des porteurs préparait une sorte de bouillie. Il m’a tendu un bol avec un simple conseil : « Eat, strong. » Ce repas m’a donné l’énergie nécessaire pour me laver dans les eaux gelées du lac et poursuivre l’ascension du pic. En grimpant, Hamza nous a demandé ce qui nous donnait la force d’avancer. Pierre-Olivier a répondu « Vous », Andréa « Dieu », et moi « Mes jambes ». Finalement, nous avons atteint le passage à 3 800 mètres. Le paysage était à couper le souffle. Le lac Ala-Koul brillait comme un éclat de turquoise pur encastré dans un écrin de roches massives. Plus loin, la chaîne du Tianshan s’étirait majestueusement, ses sommets enneigés se dressant tels d’anciennes sentinelles de la nature. Alors que nous redescendions vers les sources chaudes d’Altyn Arashan, j’ai commencé à me poser des questions. Avais-je fait les bons choix ? Paris, le monde des start-up, la vie de salarié… : était-ce vraiment ma place ?
De retour à Karakol, nos corps épuisés se sont effondrés dans une auberge. C’est là que nous avons rencontré Aude, Pierre, Aya et Ignas, quatre autres francophones. Nous avons partagé l’apéritif, et bien vite, des idées se sont mises à fuser : « Pourquoi ne pas continuer ensemble ? », « J’adorerais faire un trek à cheval ! », « Et si on faisait une course en autostop ? ». Un peu plus tard dans la soirée, j’ai disputé une partie d’échecs contre un local. Il connaissait un guide, qui connaissait un homme, qui avait des chevaux. Pour le trouver, il fallait se rendre de l’autre côté d’Yssyk-Koul, un gigantesque lac de plus de 6 000 kilomètres carrés. Après un coup de fil, l’affaire était conclue.
Notre groupe était désormais composé de huit personnalités singulières : Aude, Pierre, Aya, Ignas, Andréa, Pierre-Olivier, Hamza et moi. Notre nouveau but commun était donc d’aller à Kyzart, un petit village situé au cœur du Kirghizistan, pour trouver cet homme, qui avait des chevaux. Le trajet a été pour le moins épique. Nous avons d’abord pris un minibus bondé où nous sommes restés debout pendant des heures, compressés les uns contre les autres, jusqu’à Balyktchy. De là, nous nous sommes divisés pour une excitante course jusqu’à Kotchkor. Mon équipe, à laquelle se sont joints Andréa et Ignas, a été prise en stop par un monospace rempli de jeunes hommes. La musique et le moteur à fond, l’ambiance était joyeuse et nous sommes arrivés en premier ! Une fois tous les huit réunis, nous avons rencontré notre guide, celui qui connaissait un homme, qui avait des chevaux. Il nous a conduits à Kyzart.
Une fois au fameux point de rendez-vous, une légère incertitude s’est installée. Devant nous, deux roulottes vieillissantes et un petit garçon d’à peine 4 ou 5 ans nous attendaient. Nous avons patienté quelques instants, perplexes. C’est alors qu’est apparu Kakù, un homme d’une quarantaine d’années, accompagné de dix chevaux. Il m’arrivait à peine à l’épaule. Si sa taille était modeste, sa présence rayonnait d’une grandeur intérieure. Ses yeux tranquilles semblaient inébranlables, reflétant une sérénité à toute épreuve. Nous avons échangé quelques mots, puis il a attribué à chacun une monture. En selle pour une chevauchée fantastique de trois jours à travers les immensités du Kirghizistan !
Les soirs, nous étions accueillis par des familles nomades. Nous partagions leur repas et dormions dans des yourtes, à même le sol. Allongé dans mon sac de couchage, j’observais la tunduk, cette pièce en forme d’iris qui couronne la charpente (et que l’on retrouve de façon stylisée sur le drapeau du Kirghizistan). Mon esprit, lui, vagabondait : et si je quittais tout ? La flamme qui naguère brûlait en moi, étouffée par les sempiternels morning meetings, brainstormings, calls et drinks, commençait à se raviver.
Notre expédition s’est achevée sur une étape inoubliable. De plus en plus assurés, nous galopions désormais à travers la vaste vallée bordant le lac Son-Koul. Kakù veillait toujours sur nous du coin de l’œil, attentif à ces excès de zèle inexpérimentés. En fin d’après-midi, nous sommes arrivés au sein d’une communauté composée de six yourtes. L’accueil a été chaleureux, ponctué de thé et de vodka. Les enfants ont suggéré une activité inhabituelle : de la luge sans neige. Leur ingéniosité ? Utiliser un bidon coupé en deux, attaché à un cheval. Sensations fortes au rendez-vous !
Peu après, un concours de tir à la corde a été improvisé. En équipe, les femmes kirghizes ont remporté une victoire impressionnante contre Aude, Aya et Andréa, démontrant une force remarquable. Chez les hommes, nous n’avons pas fait mieux. Seul Pierre s’est distingué lors du tournoi en un contre un. De notre troupe, il était le plus robuste. En finale, il s’est pourtant incliné en six secondes face à l’un des fils aînés de la famille ! Chaque jeu devenait un prétexte pour mettre en valeur sa force physique. Après la corde, place à la lutte.
Un homme plein de vitalité a lancé un défi amical à quiconque oserait se dresser face à lui. Dans ma besace, j’avais six années de judo, et autant de shots de vodka. Je me suis porté volontaire. L’affrontement a attiré toute la tribu, formant une arène improvisée autour de nous. Le premier à plaquer au sol les épaules de l’autre serait déclaré vainqueur.
Les premières escarmouches ont été cordiales. J’ai compris que si j’étais plus grand et plus agile, il était le plus puissant. Ma stratégie était claire : attendre, esquiver et retourner sa force contre lui. L’adrénaline m’a fait oublier la première partie du plan et m’a poussé à l’offensive. En tentant d’encercler ses jambes, j’ai été projeté en arrière avec une facilité déconcertante. Dans un réflexe inespéré, j’ai réussi à me retourner pour engager une féroce bataille à même la steppe. « Allez Ulysse ! » a crié Hamza. Cette fois, c’était à mon tour d’attraper mon vis-à-vis pour l’empêcher de se relever. Ni lui ni moi n’acceptait de céder du terrain. Après une minute d’un intense combat, le patriarche est intervenu pour proclamer une égalité méritée. Alors que le crépuscule enveloppait la vallée, un sentiment de plénitude m’avait envahi. Où était ma petite boule noire ? J’avais dû l’égarer en route.
« Ulysse, tu viens ? Le dîner est servi ! » s’est exclamée Andréa. C’était un véritable banquet ! La table, disposée à même le tapis, était garnie de salades, boorsoks (petits pains frits), shorpos (soupes à base de viande et de pommes de terre), riz, fruits, confitures, gâteaux et thés. À ma droite se tenait Talent, un jeune homme de 19 ans. Avec mon russe limité, j’ai tenté de lui expliquer la charmante signification de son prénom en français, avant d’aborder le sujet universel des relations amoureuses. Alors qu’il fouillait son téléphone pour me montrer une photo de sa petite amie, j’ai remarqué des images de lui à cheval. Jusque-là, rien d’inhabituel en ces contrées. Le détail qui a attisé ma curiosité, c’était le maillot qu’il portait.
« Kok-boru ? l’ai-je-questionné. – Da, da ! » a-t-il répondu enthousiaste. Mon intuition était bonne. Ce sport millénaire met en compétition deux équipes de quatre cavaliers, une configuration similaire au polo, à ceci près que le « ballon » est une carcasse de chèvre décapitée pesant une trentaine de kilos. Quand un joueur parvient à la porter dans le but adverse, le taï kazan, situé à l’extrémité d’un terrain de 200 mètres de long sur 70 mètres de large, son équipe marque un point. C’est aussi spectaculaire que brutal. Au Kirghizistan, les joueurs comme Talent sont tenus en haute estime.
La soirée s’est poursuivie avec une nouvelle bouteille de vodka. « Aman bololo ! » criaient nos hôtes en trinquant. Nous répondions en chœur, ignorant qu’il ne s’agissait que d’un avant-goût. Un étrange seau vert a ensuite fait son entrée. Il contenait un liquide blanc et visqueux, parsemé de taches noires, donnant à l’ensemble un visuel tout sauf appétissant. Talent m’en a offert un verre : « Kumis, good, for you. » Je l’ai bu d’un trait, et regretté aussitôt. Le kumis, c’est du lait de jument fermenté.
De retour dans ma yourte, alors que j’essayais de m’endormir, quelque chose n’allait pas. Je me suis mis à transpirer, à être pris de frissons. Une intoxication s’annonçait, et j’étais à une journée à cheval du village le plus proche. Je ne sais pas si c’était la vodka, la nourriture, le kumis ou la lutte qui avait remué le tout, mais l’ensemble était sur le point de ressortir, d’une manière ou d’une autre.
J’ai fixé une lampe sur ma tête et me suis précipité dehors. L’obscurité était totale et la pluie avait remplacé les étoiles. Les yeux des chevaux brillaient dans le faisceau de ma frontale, tandis que j’entamais le premier aller-retour d’une longue série vers une petite fosse située à une cinquantaine de mètres de la yourte. J’étais mal, trempé, épuisé, mais malgré ma détresse, plus vivant que jamais.
Le lendemain, la promenade vers Kotchkor, où vivait Kakù, a été pour moi un véritable calvaire. Chez lui, en guise de réconfort, une célébration nous attendait. C’était l’anniversaire de son quatrième enfant, et malgré la fatigue, un précieux moment de partage ! Et déjà, mes responsabilités me rappelaient à l’ordre. Dans l’avion qui me ramenait en France, j’ai revécu en pensée chaque instant de ce voyage. L’idée de retrouver mon quotidien terne me terrifiait. À Paris, ma petite boule noire m’attendait, mais quelque chose avait changé. Je la percevais désormais comme le symbole d’une promesse faite à moi-même dans les montagnes kirghizes : ne plus jamais me résigner face à mon destin. Cette petite boule noire est ainsi devenue un rappel pour prendre des décisions avant que d’autres ne le fassent pour moi.
Cet épisode au Kirghizistan a marqué le début d’un long cheminement intérieur. D’abord, j’ai consacré six mois à lire, à écrire et à méditer sur la vie que je souhaitais vraiment mener. Parmi les nombreux exercices d’introspection auxquels je me suis essayé, ikigai a été l’un des plus décisifs. Ce mot japonais est difficile à traduire. On pourrait l’apparenter à « la raison de se lever le matin ». Une interprétation occidentale place notre ikigai à la croisée de ce que l’on aime, de ce en quoi on est doué, de ce pour quoi on peut être payé et de ce dont le monde a besoin.
Le 1er février 2020, j’ai rédigé dans mes notes une phrase qui allait tout changer : « Je veux explorer de nouvelles idées, de nouvelles disciplines, de nouveaux lieux et partager mes découvertes. » J’avais ainsi synthétisé mon ikigai autour de deux actions fondamentales : explorer et partager. Cette double aspiration sommeillait en moi depuis longtemps déjà. Ce qui m’avait jusqu’alors fait défaut, c’était du courage.
Au fil des jours, cette phrase s’est transformée en projet, puis en engagement. Sans être totalement prêt, mais persuadé qu’on ne l’est jamais tout à fait, j’ai démissionné. J’étais sur le point de prendre un pari fou : tout laisser derrière moi pour partir relever cent challenges à travers le monde.
Je n’avais aucune idée de ce qu’un tel nombre représentait. J’avais juste soif de découverte. Ces challenges seraient mon « comment » à la recherche d’un « pourquoi », une quête de sens qui, je ne le savais pas encore, allait durer plus d’un millier de jours et me conduire jusqu’aux confins de la Terre.
